Le Verbe s'anéantissant, vécut donc trente années dans la plus complète humilité, obéissant au couple protecteur de son enfance, de son adolescence. "Il leur était soumis", dit l'Evangile.Après le départ de son père putatif Joseph, le Sauveur du Monde voulut rester sous l'autorité de sa mère Marie, humble, effacée, silencieuse et gardant tout dans son cœur, comme le répète le Saint Evangile. La tutelle de Marie sur son Fils ne devait prendre fin qu'au premier jour de sa vie publique.
Une terre a été qualifiée "sainte" pour avoir vu naître le Messie et avoir été foulée par les pieds de l'Homme-Dieu. Mais la chair, les entrailles dont ce corps de Verbe fait Homme est le fruit, les bras qui l'ont porté, la poitrine qui l'a nourri, les genoux qui l'ont bercé, seraient ceux d'une vulgaire créature, corrompue par innéité, et par voie de conséquence, peccable.
Le Christ a voulu, certes, nous élever jusqu'à Lui par sa grâce, mais non s'abaisser jusqu'à nous être semblable par le péché, II aurait tout perdu et nous n'aurions rien gagné.
Bonnes gens le Christ n'est pas un homme en qui est Dieu...rien qu'un homme en qui Dieu habite: Le Christ est Dieu. Ne L'a-t-Il pas prouvé en se ressuscitant Lui-même? Et sa Mère donc, devait être digne d'être Mère de Dieu, c'est-à-dire capable de Lui donner ce Corps intact, lequel uni au Verbe divin, infiniment saint, devait offrir à la Justice du Père outragé, la victime propitiatoire, seule, digne de laver l'affront fait à sa grandeur suréminente, Dieu, étant tout puissant et trois fois Saint, s'est préparé la Mère sans nulle tache à qui demander son humanité.
A la conception du Messie-Victime, la Vierge donc déjà pleine de grâces dès sa Conception a Elle, reçut de l'infusion du Saint Esprit en son sein une recrudescence de grâces accompagnant le Trois fois saint qui, de sa seule chair prenait vie naturelle et devait croître dans ses flancs. Mais, conséquence douloureuse de ce privilège sacré^, la Mère de Jésus goûta par anticipation, les maux indicibles de la Passion à venir de son Fils...
N'était-elle pas, Marie, entièrement unie à son divin Fils par l'Amour, la grâce et par la chair? Or le Seigneur confia un jour à une de ses privilégiées: "Dès le sein de ma Mère, je souffris toutes les douleurs de ma Passion." Marie ayant conçu le Rédempteur était, sitôt son "Fiat" prononcé, Co-Rédemptrice.
Qui avec justesse peut évoquer les transes sans non, les cruelles angoisses de cette Mère habitée par l'Esprit divin et compatissant dès cette première heure aux souffrances de son Fils unique puisque la compassion les unissait?
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