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| MATER DOLOROSA, Cebu - Philippines |
C’est là que, tombant d’avance en pourriture, elle finit par
mourir sans sacrements, abandonnée de tous. On l’enfouit en plein champs, comme
on aurait fait d’un vil animal.
Or Sœur Catherine avait coutume de recommander à Dieu avec
une grande ferveur les âmes de tous ceux qui entraient dans leur éternité ;
mais pour cette misérable vieille femme, quand elle apprit sa triste fin, elle
ne songea pas à prier. Comme tout le monde, elle la tenait pour damnée.
La Sainte Vierge m'obtint de faire un acte de contrition...
Quatre ans s’étaient écoulés, quand un jour elle vit
apparaître une âme du purgatoire qui lui dit :
« Sœur Catherine, que je suis donc malheureuse ! Vous
recommandez à Dieu les âmes de tous ceux qui meurent, et il n’y a que mon âme dont
vous n’avez pas eu pitié !
– Et qui êtes-vous ? Demande la servante de Dieu.
– Je suis, répond l’apparition, cette pauvre Marie qui
mourut dans la grotte.
– Eh ! quoi ! vous êtes sauvée ? s’écrit alors Sœur
Catherine.
– Oui, je suis sauvée par la miséricorde de la sainte
Vierge.
– Et comment cela ?
– Quand je me vis sur le point de mourir, me voyant si
chargée de péchés et privée de tout secours, je me tournai vers la Mère de
Dieu, et je lui dis : O Notre-Dame ! Vous êtes le refuge des abandonnés ;
voyez, en ce moment tout le monde m’abandonne ; vous êtes mon unique espérance,
vous seule pouvez me venir en aide, ayez pitié de moi !
La sainte Vierge m’obtint de faire un acte de contrition, je
mourus et je fus sauvée. Ma bonne Reine m’a obtenu une autre grâce : que
l’intensité de mes souffrances abrégeât la durée de mon expiation, laquelle
aurait dû se prolonger pendant bien des années encore. Il ne me faut plus
maintenant que quelques messes pour être délivrée du purgatoire.
Je vous prie de me les faire dire, et moi, en échange, je
vous le promets, je ne cesserai pas de prier le bon Dieu et la sainte Vierge
pour vous. »
Sœur Catherine fit aussitôt célébrer les messes, et, peu de
jours après, cette âme lui apparut de nouveau, plus brillante que le soleil, et
lui dit :
« Je vous remercie, Sœur Catherine, je m’en vais au ciel
chanter les miséricordes de mon Dieu et prier pour vous ».
(Vie de Sœur
Catherine de Saint-Augustin, livre IV, ch.III)
Catherine Simon de Longpré naquit à Saint Sauveur le Vicomte
en France, mais elle est surtout honorée au Québec. A 11 ans, elle rencontre
saint Jean Eudes et elle entre alors quelque temps plus tard chez les Augustines
hospitalières de la Miséricorde. Elle prend alors le nom religieux de
Marie-Catherine de Saint Augustin.
En 1647, elle répond à l'appel de Dieu pour aller dans la
Nouvelle-France où elle donne toute sa mesure auprès des malades. Elle devient
économe puis maîtresse des novices de sa congrégation au Québec, où elle
rejoint la maison du Père le 8 mai 1668.


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